lundi, décembre 17, 2007

Au coin des lèvres



"-Tu me fais peur dis Ora."
Ce n'est rien. C'est simplement lorsque les liquides trop physiques m'émeuvent de leurs charmes et que le clair obscur laisse place au monde. Les mots se suivent et s'enchainent en une ribambeelle de poeisis sans but dissimulé.
Le soupir qui fait monter les larmes ne se teint jamais de rouge carmin. Il laisse place à un incolore, mais non indolore ruissellement. Celui qui monte et se retient après les joies anhistoriques. Celui que J. perçoit au fond de toi. Mais que ton corps ne peut t'offrir. Alors comme une image, comme une irréelle représentation de tes sens en l'instant, la goutte s'étire et glisse doucement. Ton âme est comme l'iris et les barrages du coeur n'y peuvent rien, les vagues sont trop fortes.
Rien ne déborde en apparence mais les écumes fouettent les yeux, au vent des souvenirs et des regrets.
Personne ne versera jamais de larme si ferreuse, que l'air fait rouge comme elle était si bleue. C'est pourtant, ce que le coeur verserait si l'on lui laissait le moindre espace. Si par hasard, une ondée de la sorte, glissait jusqu'à mes lèvres, je saurai, je verrai que l'insipide liquide qui rappelle les embruns n'est qu'un reflet.
Et que le rouge serait sa vraie couleur...