lundi, décembre 17, 2007

Silence!



Tout est si calme. Regardez les lumières rouges et jaunes qui font des guirlandes dans la nuit. Sur les routes tracées, les boulevards, tout est si rangé. Bureau, McDo, Dodo. Dodo. Dodo. Comme un vortex accélérant l'ineluctable.
Les chemins électriques suivent la même voie. Des connectiques toutes tracées, des canaux, desquels nos électrons ne sortent pas. Alors comment voir. Le silence ? Violence! Celle intime qui vous persécute jusque dans les brumes du matin, tôt dans les songes, celle qui vous tient au corps et ne vous réchauffe pas. Celle qui retient vos paupières trop hautes, jusqu'à observer le silence dans la rue, jusque dans les après-midi si longues, jusque sur votre propre pluie sur le gazon beige de votre moquette.
Ca part du ventre, ca vient du tréfond. Pour se retrouver il faut creuser. Ou d'autres creuseront pour toi. En silence, la violence. Jouir en mots, périr en silence. Attache toi au mat, Pénélope, attache toi bien. Les courants sont forts. Forts, comme les courants du rymel sur tes joues quand personne ne sonne, quand la rue charrie les mêmes visages inconnus, quand le ciel gris reflète ton âme, quand les soleil roses reflètent la lumière crue d'une chambre que tu ne connais même pas. Qu'importe!
Dans les courants, dans les mouvements, quand rien ne te retiens, et que tu ne te retiens pas toi-même et que malgré toi, les courants t'emportent. En silence, violence. En silence.
Regarde encore, regarde moi, regarde toi comme d'autres t'ont regardé. Regarde, ce sont les troncs morts qui dévalent en bas de chez toi, ce sont les briques grises d'un carrefour au pied de la cheminée des morts, dans cet espace restreint où l'oxygène manque. C'est si cru mais putain! Tu l'as cherché! Tu le perceras jusqu'à que la bile t'étouffe. Si jamais... Pendant ce temps, Rodrigue à deux balles embarque chimènes dans ses chimères. Le Cid n'est pas là!
Enfin, la voilà, la révolte en forme d'abandon pour que l'acide brûle encore les coeurs, pour que la chaux s'acharne sur les mucles à vif. Elle s'acharne. Elle agace sans cesse. Sur le muscle de ma sensibilité. Appuie, vas-y appuie encore. La torture intime des nantis. La torture de ceux que l'ont humilie en silence. La torture indicible, celle pour lesquelles les cicatrices sont irréelles. Alors ? Petit bourgeois de merde! Tu crois que c'est ça souffrir! Ta schyzophrénie est une merde. Tu tiens en tes cellules grises toute ton impuissance et toute ta puissance. Tu auras comme les autres ta part d'inhumanité.
Alors, ca vient du ventre, ca monte comme dans un volcan éteint ? Tu crois que ça peut brûler les terres pour les rendre arables. Essaie!
Accusé à la barre! Vous abusez, vous abusez sans cesse. Vous ne paierez rien, l'humanisme est parti hors de nos villes. Vous avez profité de la mort des Rois et des Dieux pour créer un monde à votre image. Personne ne vous en voudra. Regardez, tout vous donne tellement raison. Les regards asservis sur les compteurs quand les voies mènent partout. Les ruines que vous laissez derrière vous serviront la croissance de la reconstruction. Assasssin des âmes, le béton remplira le vide. Dans vos digressions en dix leçons, les salauds sont les gagnants. Plus de bien ni de mal, que du profit, quel qu'en soit le prix.
C'est cela que vous faites de la liberté qui vous était offerte! Une nouvelle forme d'anéantissement! Une nouvelle forme de mépris, une nouvelle forme de profit, pour que rien ne subsiste après vous, ni le déluge, ni la joie. En route, pour nulle part.
La lie m'est un plaisir si vous êtes le breuvage du monde nouveau. Je la gouterai avec délectation. Tant d'années et de souffrance pour que votre sécrétion juvénile soit votre seul accomplissement. Grâce à vous Adam et Mahommet revivent de plein feu, de pleins fouets, de pleine foi. Ils sont là pour ravir ce qui nous reste de candeur.
"La peine de mort c'est mal!"
"Il faut sauver la planète, sauver les ours!"
"Nous vivons dans un état de droit, aussi..."
"Faut pas se leurrer.."
Regardez-vous, ceux pour qui l'insulte serait un manquement à ma propre conception du progrès. Vous êtes les pires des schyzophrènes. Ceux qui montrent pattes blanches pour assissiner les agnelles et rescusciter les agneaux.
Traduction :
"Montre moi ta prescription de Prozac je te dirai ce que je veux!"
"Appelez-moi Noé! L'élu. Je sauverai plutôt mes exemples, les animaux, que l'être humain qui m'est un semblable "
"Le viol par consentement est permis par le code civil, du moment que les traces ne sont pas apparentes"
"L'humanisme est une utopie sentimentale qu'il faut tuer dans l'oeuf pour survivent les coutumes de nos Pères! Eux, savaient ce que c'était que la mort."
Alors, la voilà la révolte. Le cri des entrailles qui se situent juste un peu plus haut que la physique de vos préoccupations. Contre l'appendice conquis à pile ou face qui fait l'estale et le marteau.
Ce ne sera qu'une croix. une croix de plus. En solitaire ou entre deux brigands...