Hors J.

Le temps s'est arrêté.
Les fluides s'emmêlent autour de moi. Les corps se bousculent et se rencontrent. Comme immobile au milieu d'un vacarme qui m'échappe, j'aperçois les mains glisser, les yeux partir à la dérive, noyés de fatigue et d'ivresse.
Des filles se dévoilent sans pudeur, arborant l'essence de leur féminité naissante. Les étoffes soyeuses sont abandonnées sur les bancs. Les fées perdent la poussière de leurs ailes. Elles tourbillonnent et échouent au hasard des courants d'air. Des liquides enivrants coulent en un flot incessant. Les calices se remplissent et se vident.
Bousculés par le bruit, les êtres vont et viennent. Les têtes trouvent un repos inespéré sur d'autres épaules. Les verres se brisent en éclat. Les chairs se meurtrissent de plaisir. Pour peu que la lumière soit un peu moins forte, pour peu que les mots ne trouvent plus leur place, pour peu que peu l'On, ose.
Il connaîtra une douceur inconsciente. Peu lui importe. Déjà les ombres qui l'entourent se ressemblent. Déjà, l'inconnue devient intime, déjà l'interdit s'offre sans retenue. Déjà les bouches mordent avidemment, déjà les sens se laissent aller, déjà les gestes se distinguent mal, déjà les maladresses atteignent leur but.
Les ventres allourdis somnolent, les paupières mi-closes se repaissent des autres, de leur indolence, de leurs audaces. Ils semblent avoir perdu la raison mais les fées se réveilleront au matin. Par quelques artifices, elles tenteront de retrouver leur pureté, mais c'est bien là qu'elles apparaissent dans leur splendeur. Jamais On ne les trouvera plus belles.
Sous mes pieds, se déverse comme un Styx impie. Certains s'y baignent malgré eux. Les rires joyeux et absurdes se heurtent parfois contre ma réalité. Les sexes se confondent, les baisers se déposent à l'envie.
Tu es celle qui apporte la Lumière. Ne crains rien. Je te reconnaîtrai dans ce chaos.

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