dimanche, novembre 11, 2012

Je voudrais te revoir

Il fallait voir comme Ora ne prenait meme pas le temps de plier son jean, s'en débarassant farouchement à la volée, et se jetant sur les draps, à  peine revêtue d'un soutien-gorge coloré et d'un bout de tissu qui laissait paraitre la douceur du galbe de ses attraits calipiges.
 
Les yeux criant derrière le noir d'un crayon délavé par le brouillard, ne craignant ni le froid humide ni la lumière crue, dressant deux seins clairs et vifs vers le plafond décati d'une chambre livide. Passant mes mains derrière sa nuque pour dévorer sa bouche, et sa langue pleine de vie. Embrassant littéralement, et sans retenue, mes frèles épaules et redressant ses reins sous l'aspiration insondable d'un aimant adbominal.

Ora, je te vois, sous l'emprise d'un irresistible mouvement, les doigts fins au bout de ta main enserrant un bout de ma chair pendant que je croque tes lèvres, ton bassin se courbant sous la vague, ton souffle au creux de mon cou pendant que l'onde claire se perd sur le coton âpre et dans mes bras. Tous mes rêves traversent l'air empesé de pluie. Et tu ouvres les portes de ta chambre, et m'attire pour que nos sens éclatent.

Ora, je te vois. Les cheveux en tourbillon, portés par une apesanteur chimérique, la tête en clair obscur dans le blanc des néons, qui se balance au gré de tes assauts, le nombril luisant, le ventre essouflé, les seins gonflés, le visage replongeant vers mon oxygène.

Ora, viendrais-tu refaire une nuit de crachin, de vent et d'eau battante sur les vitres sombres, et partirais-tu vers nulle part, exultant d'une douce folie, à corps perdu, jusqu'à ce que le brouillard nous envahissent.

Dans l'obscurité que l'on se créée, vers le vide qui nous attire inexorablement, rejoins-moi, et je vois tes hanches nues, et tu m'entraines vers le pire et le meilleur.

Je me souviens Ora, les déchirements de tissu, le brusque mouvement de toi vers le sol, au milieu des foules, dans l'intime d'un lieu secret et connu de toi seule. Mais moi, je suis où bon te semble ; mais moi, je suis près de toi ; mais moi je suis devant toi, mais moi je suis derrière toi ; mais moi, parfois je suis toi. Je te vois depuis tes pieds où j'erre, je te vois depuis les cieux où tu me projetes, je te vois à l'envers. Tu me tiens au creux de ta main, te me tiens au creux de ton ventre, tu me retiens farouche, tu t'enfuis sans remord, tu m'abandonnes au bord des précipices.

Mais jette aux quatre vents, mais balance aux étoiles. Court, voit le sol qui défile sous tes pas, plus vite, étend tes bras,  appréhende la profondeur et laisse toi tomber dans le néant.

Un mouvement d'air, un soupir, un lambeau de chair et je voudrais que tu sois ma fée.